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14/01/2012 21:30 par puzzles
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Traversée d'une nuit (pièce 1)
Cela faisait un bon moment que je savais qu’il me fallait souffler. Ma tête allait exploser, mon corps se désintégrer. Des années d'errances, à la recherche de quoi, de qui …?
Après tout ce temps, je n'étais pas foutu d'apporter le moindre bout de réponse! Courir après un bonheur auquel je n’étais pas capable de donner un nom, voir d’y mettre une forme m’avait épuisé... Un concours de circonstance allait enfin m’offrir le choix, la force de ne pas m’échouer, là, en pleine montagne, après une saison de fou passée comme serveur. Enfin j’envisageais de bosser pour vivre et ne plus mourir au taf. Vivre une vie et non plus subir! Subir une lente agonie, signe d'une descente où je n'aurais jamais l’itinéraire du chemin inverse... Quand on passe la quarantaine, la quête de son Graal s'apparente plus à un suicide. Depuis longtemps déjà, servir des ivrognes, subir le monologue des junkers me gonflait.
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Me taper des minettes de vingt balais qui bavent sur mon statut de serveur rock, ou des mamans qui n’ont qu’un week-end sur deux pour explorer leur libido n’avait plus rien de glorifiant pour moi !!! Pourtant.... quelques verres, un bon rail et la route jusqu'à cet orgasme s'ouvrait à moi. Toutes plus belles les unes que les autres, toutes à la recherche de baise intense. Seule ma gueule de bois et le goût que cela laissait au fond de ma gorge me donnait l'étrange impression d’être encore vivant, d exister encore. De me dire que le rêve était encore à ma portée. A l'époque j'habitais chez un pseudo «pote» junky serveur, qui occasionnellement, quand sa «MD» ne lui paralysait pas trop le cerveau, me servait de collègue de boulot. Toutes nos fins de service passaient par un sordide stage WC. Lui s'offrait la vie par les veines. Moi une dose supplémentaire de courage par le nez...
Une escale rapide aux toilettes. Chacun son poison, chacun sa lueur dans les yeux. Direction la boite sordide du bled à la mode où je bossais. Un ou deux autres arrêts sniff sur le chemin et nous voila les rois du monde. Le reste de la soirée s’annonçant superficiel, je décidais donc de m’achever à grands coups de gin tonic… le sommeil a un prix de nos jours. Le mien est hors de prix!!!
Les brumes de l’ivresse commençaient à m’envelopper quand, malgré le niveau sonore très, voir trop élevé de la merde qu’ils passaient en guise de musique, mon attention fut attirée par les hurlements de mon looser de coloc.
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Il était en train de s’affronter verbalement avec un petit revendeur qui lui devait un paquet de fric. Dès qu’un coup pourri s’annonce, il faut que je me mette dedans comme si cela était plus fort que moi!!! Donc égal à ma connerie légendaire, je m’approche de la scène, voir des ennuis… le type venait lui d’être rejoint par deux lascars et la situation me semblait bien mal engagée pour mon pote dont la bravoure n’était pas la qualité première. Encore que je ne sois pas vraiment convaincu qu’il possède quelconque qualité. Je décidais donc de discrètement m’accouder au comptoir et de laisser venir la suite… donc les ennuis. Ce ne fut pas long à arriver, la salle bondée, j’eus juste le temps de voir apparaître une lame que déjà mon bras attrapait un verre à bière traînant sur le bar. Le geste fut rapide, irréfléchi, mais eut pour conséquence d’amener le verre se fracasser sur le visage du caïd de pacotille. Le verre explosa, coupant profondément l’autre à la joue! Le sang gicla, laissant tous les autres protagonistes figés de stupeur. La cocaïne ayant mis mon cerveau en alerte, j’attrapais le pote par le bras et m’engageais sans réfléchir vers la sortie, sans attendre le réveil des blaireaux ou l’arrivée imminente des deux simplets servants de videurs. La cohue fut telle que l’on se retrouva sur le trottoir avant que quiconque ne comprenne le truc.
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On fonça très vite. Une fois dans la rue l’euphorie fut de retour. Nous courûmes encore quelques centaines de mètres pour bien sentir le goût de la liberté au fond de nos poumons. Un bon gros rail s’imposait pour fêter ce mauvais pas dont nous venions de nous sortir. Tout en sniffant le poison, une pensée me traversa l’esprit… cet épisode n’était que le début de gros emmerdes... je me devais de ne pas me laisser entraîner dans un ouragan qui n’était pas le mien. Mais mon état m’incitait plus à trouver une fin de soirée agréable à cette nuit qu’à la prudence… sans vraiment réfléchir, nous primes la direction du quartier de la gare. Seul lieu encore vivant où tous les milieux se mélangeaient dans des relents d’alcool et de sueur.
Nous entrâmes dans le bar de nuit ou dealers côtoyaient hommes d affaires, où les putes gagnaient leurs vies en plumant les bons pères de famille leur conscience bien cachée dans le fond de leur monospace dernier cri. Les tripotant puis les entraînant dans les ruelles derrière le bar, ces filles qui d’une bouche habile leurs avalaient rapidement cinquante euros.
Un bon cd de KAT ONOMA laissait planer une douce ambiance, paisible malgré la faune présente dans le lieu.
En entrant je jetais un coup d’œil circulaire rapide. Aucun danger immédiat. Le patron me faisait déjà signe de le rejoindre au bar, il faut dire que j’étais un habitué des lieux.
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En me dirigeant vers lui, je remarquais qu’il était, comme à son habitude, accompagné de quelques ravissantes créatures toutes droites sorties du monde des fantasmes. Toutes plus belles les unes que les autres, ça tournait au champagne. Mais la coke qui se diffusait en moi m’inspirait plus un bon double gin tonic. Dès les présentations faites, mon regard ne pouvait déjà plus se détacher d’une petite métisse, une peau dorée, de longs cheveux bouclés et de fines formes comme j’avais toujours raffolé, un large sourire malicieux laissant apparaître une dentition d’une blancheur éblouissante. Cette beauté des îles n’avait, pour dissimuler ses formes, qu’une robe légère à bretelles, laissant entrevoir une petite poitrine aux seins fermes. Sa tenue était assez courte pour laisser rêveur tout amateur de jolies jambes fines…
Mon regard insistant ne la dérangeait nullement, bien au contraire, elle le soutenait en guise de sensuelle provocation. Les rails pris à même le bar l’aidèrent à se rapprocher de moi pour trinquer. Chose que je n’aurais jamais osé faire tant sa beauté la rendait inaccessible. Bien que légère la discussion et nos regards ne pouvaient laisser qu’entrevoir une fin de nuit sortie d’un conte de fée. L’homme est-il si naïf pour encore croire aux fées …?
L’alcool, la coke et le désir firent de ce moment un mélange de charme et de sensualité, les mains frôlant les peaux, les corps se rapprochant, les haleines se mélangeant, la musique se fit plus douce et le «creep» de RADIOHEAD eut raison de ma retenue.
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Je la pris par la taille et feignant l’assurance je l’entraînais vers la petite piste de danse placée dans le fond relativement sombre du bar. Plusieurs couples déjà en place dansaient assez sensuellement. Nos corps s’enlacèrent naturellement, nos mains trouvant d’instinct l’endroit où l’autre espérait les voir se poser, mon sexe déjà dur fut attiré comme par un aimant vers son bas ventre que je devinais et ressentais chaud et humide… glisser ma main sous sa robe lui paru naturel. Elle cambra ses hanches en guise d’invitation à continuer. Elle entrouvrit lentement ses jambes douces, m’offrant un passage vers le paradis qui d’humide était passé depuis déjà de longues minutes au stade de mouillé. Deux de mes doigts entrèrent avec une facilité déroutante donnant un grand coup de ses hanches pour partir sans réserve ni pudeur vers une montée érotique. Je coinçais, sans rencontrer de résistance, son corps contre le mur et d’un geste assuré l’empalait de mon sexe dur et avide de jouissance. Tout en s’enlaçant et dansant tendrement, il ne fallut que quelques coups de buttoir pour que l’agréable brûlure de son orgasme enveloppe ma verge et me fasse exploser en elle. Tapissant l’intérieur de son intimité de ma semence. S’ensuivit un frisson partagé et une étreinte à faire rougir un ange. L’idée d’avoir certainement été matés et jalousés intensifia sûrement notre orgasme!!!
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Nous rejoignîmes les autres naturellement, mon esprit encore obnubilé à l’idée que mon sperme coulant le long de ses jambes devait prolonger son excitation. La fin de soirée s’annonçait douce et sereine mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Le champagne pour eux, le gin pour moi. Bonus de caresses sensuelles pour ma beauté et pour moi-même ARCHIVE en fond sonore pour que la nuit laisse sa place au petit matin. Je m’apprêtais à rentrer m’effondrer, repu de débauche, quand ma princesse d’une nuit m’attrapa par la main. M’entraînant vers la sortie, toute excitée, elle me dit:
«Viens ça va te plaire!»
Mon regard interrogateur la fit sourire:
«Viens! Laisses toi faire! »
Une fois sur le trottoir mouillé par les autos laveuses, nous récupérâmes un mec entre deux âges, fade comme un jour de pluie et habillé à la mode d’un autre monde ou je savais n’avoir jamais mis un pied. J’avais toujours pensé que le pantalon gris à pinces ne servait que comme costume au cinéma et que le pull over tricoté par maman un mythe. Pourtant j’avais tout ça sous les yeux!!! Et le teint gris de l’homme ne faisait que confirmer son appartenance à un monde d’outre tombe…
Le contraste était flagrant: elle rayonnait, sautait en l’air, tournait sur elle-même faisant relever sa robe et apparaître des sous vêtements à faire bander quiconque touchait cette grâce du regard. Lui me donnait l’impression de me rendre à un enterrement.
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En arrivant chez l’homme, les lieux ne me laissèrent plus aucun doute. Nous étions bien chez lui! La casserole en aluminium, avec le café de la veille à réchauffer, posée sur une gazinière type «modèle musée», le vieux plaid sur le non moins vieux canapé. Le reste de la déco ne méritant pas l’encre utile pour la décrire. Je m’attendais à voir sortir sa mère d’une autre pièce à tout instant.
A peine arrivée, elle se senti à l’aise cherchant à nous servir à boire. Lui, au bord de l’asphyxie, le visage rouge, les mains moites. Moi, mon gin en main, préparant trois beaux rails et curieux de voir la suite des événements. Elle tournait autour de lui, le frôlant telle une féline prête à sauter sur sa proie. La bosse sous son pantalon ne laissant aucun doute sur les espoirs du petit homme. Lorsque l’autre fut à point, elle le poussa dans un fauteuil prenant bien soin au passage de palper la bite de sa victime pour finir de le paralyser…
L’autre, au bord de la crise cardiaque, ne bougeait plus aussi raide que son sexe. C’est le moment qu’elle choisit pour l’abandonner à l’agonie la tête pleine de fantasmes. M’attrapant au vol, alors que je m’essuyais les narines blanchies par ce bonheur artificiel qui empoisonnait mes veines, mon sang, mon âme, elle m’entraîna vers le fameux canapé, s’allongea, relevant sa jupe avec une telle grâce érotique, qu’un instant j’eus peur de me retrouver pétrifié comme le zombie prisonnier de son fauteuil.
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Me laissant découvrir en pleine lumière ses jolies jambes au teint halé dont le bronzage était mis en valeur par la blancheur de son boxer tout en dentelle, qui eut pour simple effet de déclencher une érection aussi impressionnante que celle de celui qui, ne faisait dorénavant plus que partie du décor. M’attrapant la tête à deux mains, elle me dirigea de manière ferme et déterminée vers son entre jambes que je devinais déjà luisant d’envie à travers la dentelle. D’une main assurée j’écartais le dernier rempart entre son désir et ma gourmandise de le boire. Ses doigts coquins et experts s’activèrent pour faire couler abondamment le doux nectar. Je la léchais goulûment, me délectant de la moindre goutte qu’elle faisait perler le long de son sexe. Elle cambra ses reins de plaisir. Fixant sa victime intensément dans un regard de provocation. L’autre prit ça pour une invitation à nous rejoindre!
A peine passa t-il la main sur la beauté, qu’elle le fusilla du regard et le gifla! Se retournant et m’offrant son cul d’une beauté déroutante, son attitude face à moi était sans équivoque possible. Sans me faire prier je la pris fort et profondément par derrière. Son corps devait être envoûté car, à peine eut-elle le temps d’hurler de plaisir que déjà je giclais en elle, me vidant de ma semence et de toute mon énergie. Elle bascula sur le coté me laissant presque mort mais ivre de plaisir et continua nonchalamment à se caresser le clito.
Après un long moment de silence ou j’avais l’impression de planer,
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elle me retira de son intimité, se rhabilla comme si de rien n’était. Direction la table, elle s’enfila les deux rails restants, ne laissant à l’autre que désespoir et érection inutile. Une fois en tenue convenable et sans aucun remord elle me dit:
«Aller viens, on lui prend ses cd, sa chaîne hi-fi minable, son liquide et on se casse!!!»
Elle était donc là l’arnaque! Même les anges sont pourris de nos jours. J’ai des défauts, beaucoup même! Mais la liste a une fin et j’aime bien l’idée de me dire que je ne suis pas encore en phase terminale du cancer de l’humanité. Je jetais un regard plein de mépris à l’être mi ange mi démon qui se trouvait face à moi et qui de nouveau m’était inconnu.
D’un trait, je finis mon verre et sortis, laissant sur place un triste reflet de l’être humain.
En arrivant sur le trottoir le soleil m’enveloppa me réchauffant les os et le cœur. Encore une nuit de traversée et je me sentais encore vivant c’était l’essentiel. Je rentrais chez moi.
La journée du lendemain restera pour moi un mystère… je me réveille dans mon canap bien après le coucher du soleil et s’ils avaient décidé de faire péter leurs satanées bombes je ne m’étais rendu compte de rien. Une gueule de bois carabinée et l’esprit occupé par un constat: l’être humain est bien loin de dominer la hiérarchie des êtres vivants.
J’errais dans le salon. Le magnifique «Pulse» des FLOYD me servant d’anxiolytique pour affronter la triste réalité du monde dans lequel mes enfants allaient devoir vivre, voir survivre. Décidé à ne pas rester dans cet état d’esprit, je me servis un Ricard dose anesthésiante et mis un bon vieux CLASH.
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Je fouillais les placards pour trouver de quoi me confectionner un bon repas, digne de ce nom. Échalotes, persil, ail, crème fraîche, gambas. A peine le temps de réfléchir que déjà les échalotes revenaient dans du beurre. Un petit flambage à l’anis et la magie olfactive agissait. Un bon Chardonnay pour accompagner ce met dont je raffole.
Après ce festin je décidai de faire la vaisselle et le ménage. Ma tête et ma vie étaient assez en bordel pour que j’aie un sursaut de fierté en gardant la maison propre. Toute la soirée, j’avais laissé une lumière tamisée qui correspondait très bien à mon état d’esprit.
Je me calai dans mon fauteuil, Fred BLONDIN et ses excellentes paroles de lover looser faisait couler une rivière de douceur au milieu de mon salon. C’est le moment que je choisis pour attraper le téléphone et rappeler à Sandy que nous étions amis. Mais était-ce utile?
J’avais connu ce petit bout de femme bien des années plutôt dans une autre vie. A l’époque je découvrais le divorce et tout son attirail de tortures. Elle, vivait la fin d’une histoire que seuls les imbéciles aveugles pouvaient qualifier d’amour. Et ça avec une espèce de fils à papa égocentrique qui confondait clito et manette de console de jeux pour ado. Tout en pensant que les femmes s’appelaient toutes Lara CROFT.
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Sauf que le trésor qui partageait son quotidien avait un cœur, un cerveau bien rempli et la libido d’une jeune femme épanouie.
Nous passions, nos soirées à écouter l’autre, à refaire le monde et boire des canons, des soirées qui pourtant, se prolongeaient bien au delà de la fermeture du bar n’étaient jamais assez longues pour se rassasier de l autre. Chacune de ces fins de soirées me laissait sur le trottoir avec un trou béant dans le ventre et désemparé à n’en plus arriver à décoller de là…
Cette période avait créé entre nous un lien si fort, que si un point cédait dans celui-ci, il était remplacé par une fibre encore plus forte, nous unissant encore un peu plus. Ensuite la vie a séparé nos corps mais rien ne pourra séparer nos cœurs. L’appareil commença sa sinistre mélodie de bip. Bien qu’athée je priais fort pour qu’elle réponde. Elle décrocha après quatre sonneries et mon «bonsoir» eut pour effet de placer un silence long comme une éternité. Je n’osais plus parler jusqu’au moment où ses sanglots me rassurèrent! Malgré le temps, malgré la distance, nos liens étaient restés les mêmes. Ensuite j’eus droit à un flot ininterrompu de reproches et d’insultes justifiés pour une amie, pour l’abandon que je lui avais imposé.
Après cet épisode émouvant de tendresse et d’amour la discussion devint sereine comme notre amitié. Mise à jour de nos statuts respectifs au niveau professionnel et amoureux faite, le temps fut aux banalités d’une amitié intemporelle.
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Arriva la question que je redoutais ou espérais finalement:
«Tu rentres quand?»
« …….... »
Long blanc pendant lequel je réfléchissais au fait que mon appel avait certainement été lancé dans le seul but d’aboutir dans cette impasse où la question m’attendait au fond.
Je pense que mon:
«Bientôt… ça me travaille grave depuis un moment» était en moi depuis longtemps et n’attendait que les mots de Sandy pour sortir de ma bouche. J’eus droit à une facette de mon amie que j’appréciais: l’hystérique et la fofolle. Me lançant des milliers de questions dans un flot si rapide que je ne pouvais placer la moindre réponse. Cela dit, cela m’allait bien. On discuta une partie de la nuit et le petit jour nous rattrapa à nouveau. Je raccrochais sur un sincère:
«À bientôt! »
J’eus juste le temps d’entendre, avant que le téléphone retrouve son socle :
«Tu as intérêt ou je viens te chercher! »
Je restais encore de longues minutes pensant à tout ça, au gâchis que j’avais encore fait de ma vie. La tête pleine de pensées, de rêves et d’espoir peut être aussi.
Machinalement, sans y réfléchir j’attrapais une carte routière dans le tiroir de mon bureau. Je la dépliais sur la table et repairais la ville dans le sud où j’avais passé des années où j’avais laissé une partie de moi… mes enfants y habitaient toujours,
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Sandy m’espérait. Mais combien d’autres émotions fortes se cachaient encore dans ses ruelles sombres dont j’adorais fouler les pavés une fois la nuit venue ?
Après cet électrochoc émotif je me dirigeais vers mon lit que je n’avais pas côtoyé depuis trois nuits.
En éteignant la lumière je tentais l’exercice fort difficile pour moi de ne plus penser. Me répétant qu’a chaque jour suffit sa peine, sa dose d’automutilation.
Je dormis très mal, mais jusque là rien de nouveau. C’est le téléphone qui décida de me ramener à mes pensées de la veille. C’était Julie, ma fille qui m’appelait. Je ne les voyais pas souvent mais j’essayais de garder un fil continu avec mes trois enfants. Mais mon cœur entier leur appartenait et toujours une partie de mon esprit restait près d’eux. Après les « je t’aime et les tu me manques » qui sortirent tout droit de nos cœurs aussi naturellement que la respiration nous aident à rester en vie. Ma fille avait une idée bien arrêtée dans sa tête d’ado et comptait bien me la faire partager.
«Tu fais quoi Pa’ en ce moment? »
Toutes les femmes importantes de ma vie s’étaient donné le mot pour réussir à me faire taire ces vingt quatre dernières heures!
Ma réponse sortit sans que moi ni rien ne puisse l’arrêter :
« Le temps de rassembler mes affaires, régler quelques trucs et j’arrive »
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Silence profond…
« Promis papa ? »
« Promis ma grande »
Elle raccrocha me laissant une lueur d’espoir devant mon regard mouillé. Quitter cette vie même momentanément ne me demanderait pas un gros effort, même si je savais que fatalement elle me rattraperait. C’était ainsi depuis toujours.
Je passais les jours suivants à rassembler d’un coté les VIAN, DJIAN, FANTE et tant d’autres compagnons de ma solitude, et de l’autre FLOYD, GOMEZ, ARCHIVE, REED tous les compagnons de ma sensibilité. Je ne picolais pas trop et évitais tous mes tentateurs pour garder l’esprit concentré sur mon but. Je chargeais au mieux ma vieille voiture afin de ne pas comme à chaque fois laisser trop de choses matérielles de ma vie. Voir ma sensibilité et mon amour des belles paroles des jolis mots, des mélodies à vous faire planer sans artifice jetés en vrac dans des cartons puis au fond du coffre me désolait, mais l’idée d’emmener tout mon trésor vers l’espoir d’une vie plus saine, chassait le constat de ce chaos.
Le matin de mon départ, je me sentis léger, libéré d un poids. Un dernier coup d’œil autour de moi. Un tour de clé sur un épisode de ma vie…
Comme d’habitude le moteur de ma vieille guimbarde toussa, quelques soubresauts et le vieux moteur ronronna. Je pris la direction du périf, cap vers le sud. Vers l’avenir que j’espérais meilleur. Je roulais tranquillement, je ne ressentais aucun regret, aucune pression et les mélodies de Paul PERSONNE m’aidèrent à m’installer dans ce bien être, sentiment que je pensais ne plus jamais ressentir. Après quelques dizaines de kilomètres mon esprit s’évada, la circulation fluide y était pour quelque chose.
Des questions vinrent me titiller : mais pourquoi en étais-je arrivé là ?
Qu’est ce qui avait merdé pour m’entraîner dans cette spirale infernale ?
Je roulais vers mon avenir et un début de réponse m’arriva doucement, en même temps que ma mémoire.
Cela remontait à bien longtemps. L’origine se trouvait vingt ans plus tôt, dans un bar étudiant à la mode, fréquenté par un monde d’artistes et de drogués qui souvent ne font hélas qu’un !
Les kilomètres défilaient, me rapprochant de l’avenir. Pendant que mes pensées elles, me replongeaient dans les souvenirs du passé d’une autre vie.
Où se trouve mon avenir ? Devant ? ou l’ai-je déjà dépassé… ?
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Ébauche finie le jeudi 26 octobre 2011
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Suite à la restructuration de la page, les commentaires avaient disparus
Nouveau style… peut être
Nouvel auteur… surement
Nouveau succès … à ne pas en douter
Né en 1966 dans le nord est de la France son enfance fut rythmée par les fonderies les coups de sa mère et la misère qui fut son quotidien.
Une adolescence rebelle suivi d un engagement dans la marine nationale, phœnix trouve enfin de vraies valeurs dans sa vie. Son côté rebelle le feront quitter l armée pour se lancer dans le monde réel du travail. Mille boulots mille misères ; la vie l’emmènera partout en France où son coté écorché vif fera de lui un être sensible. Son besoin de mots nait,. il y a très longtemps fera, qu’une belle rencontre avec un ange . lui donneront le courage de poser ses maux sur le papier .l humilité reste en lui mais tous les commentaires sur ses écrits l entraineront dans un monde magique où il trouvera son équilibre. PUZZLES n’est que le premier opus d’une œuvre sans fin si tout les lecteurs restent dans le rêve et l’évasion, rôle premier et unique du roman